Presque tous les antidépresseurs augmentent le niveau des « messagers de l'humeur » dans le cerveau — la sérotonine, la noradrénaline, parfois la dopamine. Mais ils s'y prennent de deux façons radicalement différentes. La plupart bloquent le recyclage de ces messagers. Les IMAO, eux, font tout autre chose.
C'est toute la différence : une famille agit sur le recyclage, l'autre sur la destruction.
ISRS, ISRSN et tricycliques empêchent les messagers d'être réabsorbés trop vite. Résultat : ils restent plus longtemps dans la synapse et agissent davantage. Ces trois classes partagent ce même geste de base — elles ne diffèrent que par les messagers visés et leur précision.
Les IMAO ne touchent pas au recyclage. Ils désactivent l'enzyme qui détruit les messagers. Le neurone constitue alors une réserve plus grande — pour les trois messagers à la fois, dopamine comprise. C'est ce petit « plus » de dopamine qui les distingue de tous les autres.
Choisissez une classe pour voir son mécanisme et son profil. Remarquez comme la dopamine ne s'allume que pour les IMAO.
● augmenté · ○ peu ou pas. La colonne dopamine est le propre des IMAO.
Trois conséquences directes découlent du fait d'éteindre l'enzyme plutôt que de bloquer le recyclage.
En relevant aussi la dopamine — ce que les autres ne font guère —, les IMAO atteignent parfois des dépressions où tout le reste a échoué, et expliquent l'effet stimulant de molécules comme le Parnate.
Voir les profils des molécules →La même enzyme monte la garde dans l'intestin contre la tyramine alimentaire. L'éteindre laisse passer la tyramine : c'est toute l'origine — et la limite — du régime alimentaire.
Le régime tyramine en pratique →Combiner un IMAO avec un médicament qui bloque le recyclage de la sérotonine fait monter celle-ci à l'excès : c'est le danger réel, précis et évitable. Tout le reste est largement compatible.
Le vrai danger, démêlé →La monoamine oxydase existe en deux versions. La MAO-A s'occupe surtout de la sérotonine, de la noradrénaline et de la tyramine ; la MAO-B davantage de la dopamine. L'effet antidépresseur passe par l'inhibition de la MAO-A.
Les trois IMAO classiques sont non sélectifs (ils bloquent les deux) et surtout irréversibles : ils désactivent l'enzyme définitivement, et l'organisme met environ deux semaines à en fabriquer de la nouvelle. C'est ce qui explique les délais de transition entre traitements, et pourquoi le régime doit se poursuivre deux à trois semaines après l'arrêt. À l'inverse, le moclobémide est réversible et sélectif de la MAO-A : plus doux, déplaçable, presque sans contrainte alimentaire — mais aussi moins puissant.
Information générale destinée à comprendre les grands principes. Les antidépresseurs cités le sont à titre d'exemples pédagogiques, sans recommandation. Le choix d'un traitement et de sa classe relève d'un médecin, en fonction de chaque situation.